lundi, 19 mai 2008
Bilan de compétence : le point final ou presque...
Je viens de finir et vous le transmet en avant première :
Pourquoi ai-je fait ce bilan de compétence ?
J’ai fait ce bilan de compétence parce, à 28 ans et après 5 ans passés dans la même entreprise, je ne savais absolument plus où j’en étais, ce que je savais faire, ce que je voulais faire. J’en discutais longuement avec mes collègues mais mes relations avec eux étaient telles – mêlées d’affectif, entachées d’un passif lourd après un PSE, d’une ambiance de travail assez particulière - que je ne pouvais pas accepter d’eux les qualités qu’ils me donnaient, tout en sachant au fond de moi que je ne pouvais pas être aussi incompétente que je le pensais. J’avais besoin d’un œil et d’une oreille neufs, d’un point de vue purement objectif, que je pourrais croire sans réserve.
Je souhaitais aussi, depuis de longs mois, quitter mon entreprise mais c’est un geste difficile pour moi, d’abord parce que, quelques soient les difficultés que je rencontre actuellement, avoir un travail que je connais est quelque chose de confortable. Avoir des collègues avec lesquels j’entretiens de relations plus affectives que professionnelles est malsain mais également sécurisant. Je voulais partir, mais j’étais déchirée entre ceux qui souhaitaient que je reste et ceux qui, sur le départ eux même, me poussaient à les imiter en soulignant tous les dysfonctionnements de mon entreprise. Je ne savais plus ce qui était juste.
Enfin, j’ai tellement l’habitude de me définir par mon travail que ce bilan de compétence était aussi pour moi un bilan humain : je voulais savoir si j’étais quelqu’un de bien, qui pouvait apporter quelque chose à une entreprise. Je voulais que quelqu’un de neutre m’aide à mettre à plat mes désirs professionnels et personnels, mes objectifs.
Où en étais- je au début du bilan ?
J’ai à peu près six ans et demi de vie professionnelle derrière moi. Si j’ai conscience d’avoir mûri sur de nombreux points – mes relations aux autres, mon impulsivité, ma capacité à relativiser – je reste quelqu’un qui a besoin de reconnaissance mais ne sait pas l’accepter, qui a une tendance formidable au misérabilisme et à se complaire dans des rôles de personne persécutée et incomprise, même si je suis parfois capable de prendre tout cela avec dérision et humour.
De plus, l’ambiance de mon entreprise actuelle a répondu à mes besoins affectifs au point d’annihiler presque toute vie privée : mes collègues devenaient mes amis et ma famille et remplaçaient presque les vrais. Tant que j’ai fait partie d’une équipe soudée et forte, j’étais heureuse. Mais mon entreprise n’allait pas bien. Un PSE a été déclenché, dans un climat difficile, des départs ont changé mon environnement, j’ai été mutée dans le sud de la France et me suis retrouvée dans la situation de travailler directement avec des personnes avec qui cela ne marchait pas, soit pour des divergences de vue professionnelles, soit par manque d’affinités personnelles. Je n’éprouvais plus ni respect ni admiration pour ceux avec qui je travaillais et je commençais à me lasser de ce que je faisais. J’ai demandé à faire autre chose. Cette demande a été satisfaite en Décembre, lorsqu’on m’a nommée Chef de Projet. J’ai découvert une activité difficile mais très stimulante, travaillé avec des personnes qui m’ont enthousiasmée par leur implication dans leur travail et j’ai ainsi pu, à échelle réduite, recréer cette équipe soudée et ce fonctionnement en partenariat qui me manquaient tant. Tout aurait pu bien se passer et j’aurais peut être pu choisir de rester, si d’une part je ne savais pas qu’une fois ce projet terminé je retournerai vers mes anciennes activités qui ne me plaisaient plus, et d’autres part si l’affectif et le relationnel, en dehors de l’équipe, n’étaient pas venus rendre les choses plus difficiles encore.
Un bilan professionnel et humain.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, la première chose que je retiens de ce bilan de compétence est que je ne suis ni destinée ni condamnée à n’exercer qu’une seule fonction dans ma vie. Plusieurs profils d’activités ont émergés au fil des tests et discussions et ont éveillé en moi des envies, des enthousiasmes. De façon peut être surprenante mais finalement pas tant que cela, tous ces profils sont liés de près ou de loin à l’art et à la littérature alors que j’ai orienté mes études et passé toute ma vie professionnelle dans les domaines scientifiques et techniques.
Peut être au fond était ce logique : ces profils reflètent mes envies et non mes compétences, or, j’ai toujours rêvé, au fond de moi, de devenir écrivain ou peintre. Le voir écrit, plus tangibles encore par le formalisme des résultats de tests par ordinateur, était à la fois excitant et effrayant car ça a à la fois réveillé et renforcé mes envies mais m’a obligée à regarder en face tous les freins que j’y mets : je n’étais pas sure d’avoir le talent ni les capacités de rigueur et de persévérance que ces vocations exigent pour en vivre, ce sont des métiers assez solitaires et peu sécurisants sur le plan matériel, qui demandent aussi une force morale et une capacité à se sortir de soi et à ne refléter que le monde extérieur.
Ce qui me rassure, c’est que finalement le métier que j’exerce actuellement, en tant que Chef de projet, me convient également sur le strict plan professionnel. La seule chose négative aujourd’hui, qui m’empêche de m’y sentir bien, c’est le passif affectif et humain que je traîne avec mes collègues et mon entreprise. Ce qui me conforte dans l’idée que partir, quitter cette entreprise, est la meilleure chose que je puisse faire pour m’épanouir enfin, à la fois sur un plan professionnel mais également sur un plan privé. Je pourrai alors d’un côté exercer sereinement mon métier de Chef de projet tout en commençant, pendant mes heures de loisirs – qui risquent d’une part d’augmenter considérablement, et d’autre part d’être passées moins à « récupérer » et faire le point qu’à être réellement des heures de loisirs et de détente – à écrire et qui sait ? peut être un jour à tenter la publication.
Mon plus gros point faible est ma fragilité affective : je réagis mal, et violement, lorsque quelqu’un que j’aime, ou que je respecte, ou envers qui j’estime avoir une dette, me mets en défaut. Qu’il ait tort ou raison, d’ailleurs. Ce n’est pas acceptable dans ma vie professionnelle et constitue sans doute à la fois mon plus gros frein et ma plus grande faiblesse. Même si cette fragilité me permet quelque part d’avancer, et d’évoluer, je sens de plus en plus la nécessité de la contenir aux limites de ma vie privée.
Je sais aussi que j’évolue, dans le bon sens et cela est une force : un jour, avec un peu de courage et de recul, je serai sans doute ce que je veux. Ecrivain, chef de projet, mère de famille, je ne le sais pas encore exactement mais je tends à l’équilibre. C’est une vision qui me manquait, et celle que je retiens de ce bilan de compétence. Je ne serai peut être sans doute jamais caissière de supermarché ;-), mais je trouverai la place qui me convient. Une place que je n’occuperai pas simplement parce que j’ai baissé les bras et cédé à la facilité, mais une que j’aurai choisie et qui me conviendra parfaitement.
L’avenir…
Je souhaite achever le projet que j’ai entamé au sein de mon entreprise et pour cela, il me faudra rester jusqu’à la fin du mois de Septembre.
Je commencerai donc mes recherches d’emploi vers mi-juin, en comptant que les mois d’été sont souvent des mois où les mutations et recrutements sont au ralenti. Mon objectif est de trouver, au plus tard fin Septembre, un poste de chef de projet à Lyon, au sein de mon groupe.
Si à cette date je n’ai pas réussi à trouver ce poste, je commencerai à postuler à la fois à l’extérieur du Groupe et à des postes en interne à Paris, où j’ai de plus grandes chances d’être embauchée.
Parallèlement à cela, je souhaite, à la fin de l’année, avoir réussi à écrire a minima un premier jet de roman ou de recueil de nouvelles, et peut être le proposer à une maison d’édition. Même si cela ne réussit pas, cela me permettra au moins d’avancer sur ce plan.
16:51 Ecrit par thetoad dans Job | Commentaires (0)


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