mardi, 10 mars 2009
J'ai honte de manger devant lui
ben voilà, voilà, voilà...
Depuis Novembre, mes prises alimentaires étaient de plus en plus aléatoires, et de plus en plus liquides aussi. Je ne sais plus trop manger de solide, je sais pas, ça fait mal, ça bloque mécaniquement.
Hier, malgré tout, j'avais faim. J'ai très peu mangé du week end, deux ou trois soupes et une crème chocolat, et donc, ben lundi midi forcément je tenais à peine debout. Etant en formation, j'ai demandé à JB de décaler un peu son heure de repas pour que je puisse aller déjeuner avec lui. Je me suis donc retrouvée devant une jolie assiette steack-frites-sauce aux herbes qui sentait divinement bon, et juste en compagnie de JB et d'un autre collègue. Le nirvana.
Sauf que...
J'avais à peine commencé à attaquer qu'Il est arrivé. Avec une assiette de blé-poisson-haricots verts et un yaourt aux fruits. Et il s'est assis juste devant moi, dans sa jolie chemise en jean bleu. Je ne sais pas ce qui c'est passé mais j'ai eu honte. Honte de ces calories dans mon assiette, honte de mes bourrelets, honte d'exister, même. Je n'ai pas fini mon assiette, j'ai eu mal au ventre et au coeur tout l'après midi, mal au cerveau aussi, de l'avoir vu me regarder m'empiffrer. Je n'ai pas du digérer comme il le fallait parce que le soir j'ai quand même réussi à vomir un peu.
Et depuis, je ne veux plus manger, plus rien de rien, terminé.
JB a eu beau me dire que cela arrivait une fois par mois, qu'il déjeune avec eux, je ne veux plus prendre le risque. Je me retrouve donc à nouveau seule dans mon bureau entre les midis, avec ma fidèle bouteille d'eau et mon estomac qui se tord. Et j'ai bien fait, parce que ce midi il est encore retourné dejeuner avec eux.
Son corps à lui est comme un temple, il n'y met rien qui pourrait le salir. Moi le mien, c'est une poubelle. Même si elle est de plus en plus fine, c'est une poubelle quand même.
Le plus triste c'est que même si je deviens un pur esprit, même si je ne profane plus mon corps avec de la nourriture, il restera marqué à jamais et je ne pourrais pas le lui offrir. J'ai compris cela il y a peu de temps. Que même si je l'aime toujours, même si lui m'aimait un peu, il ne pourrait jamais rien y avoir entre nous, parce que je ne peux pas lui infliger ça : ce corps mou et flasque, à la chair pendante, cet esprit tordu et dévoyé qui ne comprend plus que s'alimenter ce n'est pas sale. Je n'en sortirai jamais, je crois.
Bon sang, si seulement je n'avais pas Marcus...
12:30 Ecrit par thetoad dans 3615 my life | Commentaires (0)


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