lundi, 27 avril 2009
Triptyque
Dans les TCA, tu es
à la fois le bourreau, la victime, et le témoin impuissant. Celui qui voit, qui
sait ce que si passe, et reste là sans rien faire. Parfois choqué, parfois
excité, parfois terrifié au point de courrir chercher de l'aide mais rien à
faire, ses pieds ne décollent pas de la boue dans lesquels ils sont enlisés.
Depuis 20 ans,
chaque matin ou presque, je me reveille et je me demande ce que sera la torture
du jour, si ce sera le gavage ou l'affamement. Je vis ma journée, torture, subis
la torture, regarde la torture, parfois en voyeur et parfois scandalisée, me
couche et recommence.
Souvent cependant,
j'oublie. Le témoin, las de toute cette violence, ferme les yeux et s'enferme en
lui même. Je l'imagine souvent, cette Calie, recroquevillée dans un coin, les
bras autour des genoux et la tête bien enfoncée entre ses épaules pour ne plus
rien voir, ne plus rien savoir de ce que font les deux autres à côté. Une forme
de paix, lâche peut être mais... de la paix quand même.
Le bonheur, pour les
TCA-s, c'est juste l'absence de souffrance, la lacheté, l'oubli. C'est beaucoup,
ça se paie, cherement.
Je suis parfaitement
consciente de ce que je me fais, et parfaite impuissante à l'arrêter. Je
m'assassine lentement, très lentement. J'y prend plaisir. Cela me terrifie.
14:42 Ecrit par thetoad | Commentaires (0)


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