mercredi, 29 avril 2009

D'une humeur de chien.

Une bonne grosse colère rentrée, suite à une frayeur de ce matin.
 
Ce matin, je pars gentiement au boulot, au volant de ma fidèle Aygo rouge chilien. A la sortie de la ville, je vois que la voiture qui me suit est celle de mon collègue et veneré chef d'etablissement.
Il me suit au péage, il me suit sur l'autoroute. En jetant de temps en temps des coups d'oeil dans le rétro, je commence déjà à me dire que quelque chose ne va pas. D'habitude, il est très respectueux des règles, surtout de sécurité, mais là il colle trop sa voiture à la mienne et m'oblige à rouler au dessus - un peu au dessus - de la vitesse limite pour conserver les distances de sécurité entre nos deux voitures.
 
A 2 km de ma sortie d'autoroute, je vois devant moi un 4x4, qui roule doucement et que je trouve hésitant. Arrivé à 1 km de la sortie, le 4x4 est devant moi, comme il n'a pas trop l'air de savoir ce qu'il fait, et ce qu'il veut, je m'aligne sur sa vitesse - 110 km/h - plutôt que de le doubler pour me rabattre brutalement devant lui. Ca m'oblige à ne pas être trop loin de lui, mais cela me semble encore raisonable, sachant que je vais quitter l'autoroute dans quelques secondes. Quelque chose comme 200 m avant la sortie, mon collègue accelere, me double et se rabat à un metre ou deux du capot avant de ma voiture, et sans doute pas beaucoup plus entre son propre capot avant et le 4x4... il passe et s'engage dans la foulée dans la voie de deceleration... J'ai eu une trouille phénoménale, l'espace d'une seconde, j'ai eu la vision de ce qui se serait passé si le 4x4 avait freiné. J'ai imaginé la peugeot de mon collègue prise en sandwich, capots en accordéon, entre le 4x4 et ma voiture. Et mon collègue blessé, ou pire. Tout ça pour quoi ? gagner 30 secondes ? Arriver le premier au boulot ? Bravo ! champion du monde ! tu y es arrivé ! ça m'a foutu en boules, vraiment. Une rage phénoménale, que je ne peux decemment pas exprimer, bien que je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire une remarque acerbe, qu'il a très bien compris et qui l'a fait rire. Ben oui quoi c'est marrant, il a fait le kakou et s'en est bien sorti et en prime, il m'a un tantinet enervée...
 
Du coup, je sens que je réagis trop violemment aux détails qui ne feraient que m'irriter d'ordinaire... Pas grave, ils n'ont qu'à se garer.

10:24 Ecrit par thetoad | Commentaires (0)

lundi, 27 avril 2009

J'ai peur qu'on ne me croit plus.

Communiquer, moi je veux bien, mais si c'est pour toujours avoir peur de ne pas être crue, à quoi bon ?
 
Marre, marre, marre....

17:44 Ecrit par thetoad | Commentaires (0)

Ambiance de boulot...

 
Voilà, en janvier, j'ai changé de service et je travaille maintenant avec une nouvelle équipe.. si on peut dire, parce que j'ai déjà bossé pendant six mois avec ces personnes il y a quatre ans et tout s'était bien passé.
Notre métier implique des "chantiers", c'est à dire des déplacements en groupe conséquent, très masculin, d'une vingtaine de personnes, loin de chez nous, et dans un environnement très industriel. 
 
Il y a quatre ans, lors de ces déplacements, je ne me sentais pas mal d'être une fille parmi ces mecs. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Je trouve l'ambiance très malsaine, ces messieurs semblent avoir pris la fâcheuse habitude de ragoter quand ils ont du temps à perdre, et de se lancer dans des délires que d'autres prennent au sérieux. Pour résumer, si on écoute les rumeurs à l'issue de ce chantier, en dix jours, je me suis fait quatre mecs différents, donc un même pas là :roll:, je suis enceinte - le nouveau jeu est "cherchez le père" - tout en ayant mes règles (pas le droit d'être de mauvaise humeur quand on a un vagin, apparement), et mon état de santé a été commenté en long, en large et en travers pendant un quart de nuit. Comme vous vous en doutez, il y a toujours une bonne âme pour venir vous rapporter ce qui se raconte sur votre dos :roll: Cette mauvaise ambiance semble en grande partie venir d'une seule et même personne, qui, devant cinq ou six personnes que je ne connaissais pas a été capable de me sortir, au retour d'un dîner avec un collègue "tain, ça devient suspect là". Je l'ai reclaqué en disant aux autres "de toute façon, si vous l'écoutez,toutes les filles de la boite se sont fait tous les mecs. Deux fois, au moins".
 
Mais il y a pire : alors que je travaille depuis bientôt deux ans sur notre base, sans aucun soucis ou presque de ce côté là, certains mecs se mettent maintenant à faire des sous entendus très très tèèèès lourds, quand ils ne draguent pas ouvertement. Mecs mariés, bien sur, qui me font savoir que "ça fait longtemps qu'ils n'ont rien tiré", que eux "ne risquent pas d'oublier qu'ils ne m'ont pas fait la bise ce matin", qui me demandent carrément "ce que j'ai à la maison pour me frotter le dos.. et le reste" etc etc. Je n'en peux plus, j'étouffe et je ne sais pas quoi faire. Je ne considère pas - encore - cela comme du harcélement, mais je trouve cela très lourd, en particulier quand ils continuent bien que je leur ai fait savoir que je ne suis pas interessée. Et en même temps, quelque part je les comprend : ben oui, si au retour du chantier, j'ai traîné une réputation de sal*** pourquoi ils ne tenteraient pas leur chance après tout ?
 
Je ne sais pas trop quoi faire : ma chef est une femme qui n'a pas ce genre de problème, pour ce que j'en sais, et qui ne souhaite pas en parler. Je ne voulais pas me plaindre, juste lui demander si c'était mon comportement qui faisait cela et comment le rectifier, mais elle n'aime pas trop traiter les problèmes humains. Je n'ose pas trop demander à mes collègues masculins - ceux avec qui j'ai gardé une relation saine - justement parce que ça pourrait pourrir notre relation ou... je ne sais pas, je trouve ce sujet délicat...
 

15:46 Ecrit par thetoad | Commentaires (0)

Triptyque

Dans les TCA, tu es à la fois le bourreau, la victime, et le témoin impuissant. Celui qui voit, qui sait ce que si passe, et reste là sans rien faire. Parfois choqué, parfois excité, parfois terrifié au point de courrir chercher de l'aide mais rien à faire, ses pieds ne décollent pas de la boue dans lesquels ils sont enlisés.
 
Depuis 20 ans, chaque matin ou presque, je me reveille et je me demande ce que sera la torture du jour, si ce sera le gavage ou l'affamement. Je vis ma journée, torture, subis la torture, regarde la torture, parfois en voyeur et parfois scandalisée, me couche et recommence.
 
Souvent cependant, j'oublie. Le témoin, las de toute cette violence, ferme les yeux et s'enferme en lui même. Je l'imagine souvent, cette Calie, recroquevillée dans un coin, les bras autour des genoux et la tête bien enfoncée entre ses épaules pour ne plus rien voir, ne plus rien savoir de ce que font les deux autres à côté. Une forme de paix, lâche peut être mais... de la paix quand même.
 
Le bonheur, pour les TCA-s, c'est juste l'absence de souffrance, la lacheté, l'oubli. C'est beaucoup, ça se paie, cherement.
 
Je suis parfaitement consciente de ce que je me fais, et parfaite impuissante à l'arrêter. Je m'assassine lentement, très lentement. J'y prend plaisir. Cela me terrifie.
 
 

14:42 Ecrit par thetoad | Commentaires (0)

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